MARDI 31 MARS 2015
> 20H00
Théâtre National de La Criée

HAÏM

Classique

 

En coréalisation avec La Criée
 
Avec Mélanie Doutey
Naaman SLUCHIN │ Violon
Dana CIOCARLIE │ Piano
Alexis KUNE │ Accordéon
Samuel MAQUIN │ Clarinette
 
Léonard Matton et Raphaël Joly │Assistants à la mise en scène
Thibaut Welchlin │ Costumes
Olivier Roller │ Photographie
Franck Lalou │ Calligraphie
Shifra Sluchin │ Conseillère biographique
Jérôme Delporte │Régie générale et lumière
Olivier René │ Régie son
 
Production : Compagnie C(h)aracteres
Coproduction : Théâtre de l’Ouest Parisien
Avec le soutien de la Région Île-de-France, du Département de Seine-et-Marne et de la Ville de Vaux-le-Pénil.
La compagnie C(h)aracteres est en résidence à la Ferme des Jeux (Vaux-le-Pénil) depuis 2013.


> À travers l’histoire du violoniste Haïm Lipsky, c’est un pan sombre et douloureux de l’histoire du XXe siècle qui se dévoile. De sa Pologne natale à son installation en Israël, survivant du ghetto de Lodz et du camp d’Auschwitz, Haïm incarne la force salvatrice d’un musicien klezmer devenu bâtisseur. Reconstituée au plus près de sa vérité grâce aux témoignages de ses proches, l’histoire de Haïm Lipsky est racontée par les mots et la musique sur le plateau du théâtre qui devient à la fois le lieu de l’intime d’une existence mais aussi
celui d’une étonnante leçon de résistance aux évènements tragiques de l’histoire. Cet hommage à un être exceptionnel est rendu avec une étrange légèreté, celle des violons qui participent aux récits émouvants qui tracent, élégamment, sobrement et sans pathos superflu, un parcours au milieu des tumultes et des horreurs d’une Europe en proie aux fureurs nazies. Un spectacle musical hors normes pour dire la force d’un homme et la force d’un art, la musique, inextricablement unies dans un hymne à la vie.
 
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AU FIL DE LA MÉMOIRE
 
Haïm, à la lumière d’un violon a commencé par un hommage. En octobre 2008, salle Cortot, quatre musiciens et un narrateur-metteur en scène improvisaient un récital pour saluer le destin de Haïm Lipsky. De cette évocation inaugurale s’est imposée la nécessité de poursuivre ce récit, sous une forme plus ample, plus complète, plus construite. Avec, pour horizon, un spectacle où les mots et les notes sauraient raconter, de concert, l’histoire de Haïm. Le premier enjeu a été de recomposer au plus près cette vie criblée par l’Histoire. De retrouver sa trace à travers les témoignages de Haïm et de ses enfants (Shifra Sluchin et Arie Lipsky) et de ses petits-enfants (Naaman Sluchin), qui nous ont ouvert leur mémoire et leurs archives. De ces souvenirs croisés s’est éclairé un parcours inouï, de la Pologne natale à la Terre promise, de la destruction du Yiddishland à la fondation d’Israël – grâce au miracle d’une survie à la Shoah. Raconter une telle
traversée exige rigueur et précision historique sans failles. L’enquête se poursuit. Avec, pour limite perpétuelle, le seuil de l’indicible. À sa sortie d’Auschwitz, Haïm rejette le polonais
pour ne plus parler que deux langues : le yiddish et le silence. Aujourd’hui, à 90 ans, il parle hébreu. Mais toute sa vie, sa langue de coeur aura été la musique. En elle comme chez lui résonnent l’optimisme de la vie, la pudeur de l’humour et la résilience du combattant. A chaque instant, le chemin de Haïm a baigné dans la lumière du violon – lueur fragile qui, seule, le sauva de l’extermination nazie. Faire entendre les différents moments de cette vie constitue donc un triple défi : historique, littéraire, et musical. D’une musique à l’autre, d’une époque
à l’autre, mélodies klezmer et morceaux classiques scandent la vie de Haïm, avec un égal souci de vérité. Plongeant dans la musique, les textes et l’Histoire, les membres de la troupe ont mené une recherche approfondie, dans la patience de l’artisanat et l’exigence d’authenticité, afin de dessiner le récit d’une vie, avec sa mélodie singulière et ses silences.
 
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